Herman Amisi: Quand la prédication rime avec l’humour pour ramener les égarés

Dans sa mission de rechercher les perles rares RD Congolaise, c’est le chemin d’un humoriste en pleine expansion que notre magazine à croisé ce jour. Il a décidé de nous accorder un riche entretien que nous partageons avec vous.

Kwetu Magazine : Comment voulez-vous que nous vous appelions ? Monsieur, pasteur, évangéliste ou tout simplement artiste humoriste?

Herman Amisi : Je préfère plutôt Prédicateur de la bonne humeur, car cette appellation est l’incarnation même de ma mission: prêcher de l’humour, tout en dénonçant les turpitudes, les illégaux.

KM : Qui est Herman Amisi ?

HA : Herman Amisi est un jeune artiste humoriste congolais évoluant à Lubumbashi, membre du collectif Lubum Comedy Club, licencié en Langues et affaires (Faculté des lettres et sciences humaines) de l’Université de Lubumbashi.

KM : Avez-vous fait des études artistiques pour ainsi vous retrouver dans l’humour ou alors pouvez-vous nous expliquer comment vous êtes tombés dedans ?

HA : Non, je n’ai pas fait d’études artistiques pour me retrouver dans l’humour. Je dirais que c’est une vocation, un appel que j’ai reçu de Dieu pour détendre son peuple grâce au talent qu’il a mit en moi.

Tout a commencé en étant d’abord spectateur puis acteur. Ma genèse voit son aurore à l’Université de Lubumbashi lors de mon périple académique avec un groupe d’étudiants de Lettres et Sciences humaines  » Les Sages de S.I.C ». Puis quelques années après mon passage à l’Université, mon talent a commencé à se découvrir du grand public lushois au Lubum Comedy club où j’évolue comme acteur actif.

KM : Votre style artistique est tout à fait particulier, qu’est ce qui vous a poussé à embrasser l’humour sous cet angle là ?

HA : Ma plus grande préoccupation, en abordant l’humour sous cet angle, est de prêcher l’humour sous la casquette et rôle du Pasteur.

Je suis un prédicateur de la bonne humeur. Je me vois comme un instrument utilisé par Dieu pour guérir les stress, donner le rire, créer la bonne humeur tout en dénonçant les illégaux. Comme on le dit localement, c’est en riant qu’on dit certaines vérités.

KM : Vivez-vous de votre métier d’humoriste ?

HA : Vivre du métier d’humoriste est un peu compliqué, d’autant plus que nous faisons face à un nombre pléthorique de difficultés dont le manque d’accompagnement de l’Etat, la faible participation du public aux spectacles organisés et bien d’autres.

KM : Quel a été le moment le plus fort selon vous dans l’exercice de votre profession d’humoriste

HA : Le moment le plus fort dans l’exercice de cette profession est ma prestation sur la même scène, sur le même podium avec des icônes de l’humour africain, dont SIRIKI et SOUKÉ de La série les Bobo Diouf, l’Ambassadeur Agalawal. Des moments uniques qui m’ont  beaucoup inspiré et donné le courage de persévérer dans cette aventure.

KM : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

HA : Comme argumenté dans la réponse précédente: Nous connaissons beaucoup de difficultés dans l’exercice de notre carrière, et c’est dans le domaine artistique de manière générale: Manque d’accompagnement de l’Etat congolais, manque de mécénat, faible participation du public aux événements.

KM : Quels sont les humoristes vous inspirent aujourd’hui.

HA : J’apprécie tout artiste qui fait du bon boulot sans discrimination aucune, et ils sont nombreux. A titre d’exemplarité, je peux citer Benjamin Kahitare, Marco Mbayabu, Ronsia Kukielukila, L’Ambassadeur Agalawal, Weilfar Kaya…

KM : Que dénoncez-vous dans vos prêches, est ce le mauvais côté de certains hommes dits de Dieu ? Est- ce ceux des hommes et des femmes ?

HA : Je dénonce les illégaux. J’ai un œil dans presque tous les domaines de la vie, je dénonce tout ce qui est mal avec une touche comique (les mauvaises habitudes, la mauvaise mode, les hypocrites, les infidèles…) Bref, je dédramatise, avec un aspect comique je dis tout haut tout ce que les gens n’ont pas le courage d’aborder…

KM : Quelle est votre blague préférée ?

HA : Je ne fais pas des blagues moi je prêche, d’ailleurs j’ai une exhortation pour tous les lecteurs de Kwetu magazine. 

« Chers lecteurs, j’aime toujours avertir mes fidèles, je suis gentille mais je ne suis pas pasteur tout le temps, si tu veux voir mon côté païen, emprunte mon argent et ne rembourse pas… »

KM : Quels sont vos projets d’avenir ?

HA : Comme projet, nous avons lancé  le 27 décembre 2019 la première édition de la « Grande croisade du rire », une église rire c’est notre grand projet. L’objectif principal est que cet événement soit dans les cinq années prochaines l’un des grands rendez-vous de l’humour africain.  Grâce à cet événement, nous voulons faire de Lubumbashi la capitale africaine du rire. Avec le travail et l’aide de Dieu, nous allons y arriver.

KM : Les humoristes à Lubumbashi, comment êtes-vous organisés ? Existe-t-il une association qui vous gère ?

HA : Une association qui nous gère, non!

Mais nous formons presque une famille, toujours prêts les uns pour les autres, des fois nous nous retrouvons ensemble lors de grandes soirées de rire pour un même objectif, offrir au public ce qu’on a de plus cher ; LE RIRE.

KM : Tout en vous promettant un accompagnement total dans vos projets, nous vous remercions et vous souhaitons plein succès et vous promettons un contact très prochain pour une collaboration.

HA : C’est moi qui vous remercie.

 

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